Je souhaiterais dans un
1er temps remercier le personnel de Sud Roussillon pour avoir assurer la continuité des services rendus, malgré les perturbations que vous connaissez.
Souligner la capacité de Jacques
Pumaréda pour avoir rétabli l’équilibre, le débat, la transparence et la confiance dans la gestion de notre intercommunalité.
Mesdames messieurs
Nous vivons actuellement des
moments difficiles aussi bien sur notre territoire qu’au niveau national.
90 000 chômeurs de plus en janvier,
le nombre de travailleurs pauvres ne cesse de croitre,
nos jeunes auront un niveau de vie inférieur au notre,
hausse de 17%
des faillites,
de plus en
plus de familles qui basculent vers le surendettement,
crise financière, régression sociale.
La liste malheureusement est longue.
Nous sommes
dans les plus mauvaises conditions pour demander plus d’impôt.
Les ménages déclarent avoir moins, une fois les dépenses fixes payées : logement, crédits, énergie,
etc.
Ils ont le sentiment de s’en sortir plus difficilement
qu’il y a quelques mois et ils ont commencé à se restreindre sur les dépenses alimentaires, le téléphone et surtout les soins médicaux.
Certains ont renoncé à des consultations de spécialistes
et ont reporté des soins dentaires. Les plus démunis estiment leur situation professionnelle précaire, avec le risque d’être confrontés au chômage
partiel ou total.
L’instauration de la fiscalité mixte va, dans le pire contexte économique que nous connaissons depuis
plus de20 ans, alourdir la charge des contribuables de façon injuste et inéquitable.
La mise en place de ce nouvel impôt pour les ménages via la fiscalité mixte viendra grever dès 2009 les prélèvements de la Taxe d’Habitation et de la Taxe Foncière des contribuables d’Alénya, de Latour bas Elne et de Saint Cyprien sur la
colonne, actuellement vierge, « intercommunalité » de nos feuilles d’impôt.
Cet
impôt a été introduit par la loi de 1999 pour permettre aux intercommunalités de payer leurs actions économiques dans les zones qui ne rapportaient pas assez de taxe professionnelle. Ce n’est pas le cas pour Sud
Roussillon.
La loi est détournée, il faut noter que l’instauration de la fiscalité mixte
n’est pas conforme à l’esprit de la loi de 1999.
Soyons vigilants, car la fuite dans l’endettement indique que les augmentations
d’impôts pourront se poursuivre à l’avenir
Pour
justifier un nouvel impôt, le discours est toujours le même : ça ne fera que quelques euros par
mois.
Mais
au fur et à mesure des années, les taux augmentent, le nombre d’impôts augmente et les feuilles d’impôt s’alourdissent fortement pour un service rendu qui n’est pas toujours supérieur.
Avant
d’augmenter les impôts, nous avons démontré et vérifié qu’il est possible de faire autrement pour l’année 2009, sans diminuer le train de vie de notre collectivité et en maintenant l’investissement et
les services publics essentiels.
Reste à savoir si dans la situation de crise, cet impôt pourra être supporté par les contribuables aux revenus les plus modestes et s’il ne vaut pas mieux réduire la voilure en
attendant des jours meilleurs ?
Cette
décision va instaurer de l’inquiétude, des interrogations, parfois de la colère
et un sentiment d’injustice.
Le courage en
politique ce n’est pas de voter un impôt supplémentaire.
Je ne ferais pas appel à votre
courage, mais à votre conscience.
Suite aux
événements de décembre, il existe aujourd’hui dans notre territoire un manque de confiance de nos élus et un amalgame se dessine.
De nombreuses collectivités ne vont pas augmenter leurs taux à cause de la crise qui atteint fortement le pouvoir
d’achat.
N’aggravons
pas notre situation, ayons le sens des responsabilités, donnons du sens à nos actions.
Mesdames,
messieurs les conseiller communautaires, vous aurez à répondre de votre vote.
Mesdames
messieurs les élus, pensez à ceux qui sont et qui vont être dans la difficulté, pour 2009 dites non à un impôt supplémentaire.